Historique

Un couvent face au fleuve

En 1908, Noël Mercille fait généreusement don d’un terrain qui donne sur le fleuve aux religieuses des Saints Noms-de-Jésus-et-de-Marie. Sur ce terrain, les soeurs érigent la partie centrale du couvent aujourd’hui situé à l’angle de l’avenue Notre-Dame et de la promenade Riverside. Puis, elles commencent à y donner l’instruction aux filles de Saint-Lambert sous la direction de soeur Marie-des-Victoires.

Une école élémentaire pour les garçons

À l’exception des plus petits âgés de 5 à 8 ans qui allaient à l’école au couvent, les garçons avaient été confiés aux Clercs de Saint-Viateur. Les moyens suivaient leurs cours dans la chapelle-école située sur le même terrain que le couvent. Cette chapelle-école fut démolie vers 1912. Les grands, eux, recevaient l’enseignement des religieux à l’étage du presbytère, une longue annexe construite à l’arrière de l’église paroissiale de l’avenue Lorne. Cette église, dont la construction jamais terminée avait commencé en 1896, brûla en 1936. Elle était située sur l’emplacement de l’église actuelle.

En 1910, on décida de bâtir une école pour les garçons sur un terrain adjacent à celui de l’église. Les plans que dressèrent les architectes Viau et Venne firent pousser des cris d’admiration; on les disait même d’avant-garde. L’Académie Saint-Michel, c’est ainsi qu’on nomma la nouvelle école, ouvrit ses portes en 1914.

Une école élémentaire pour les filles

Le couvent est bientôt plein à craquer, si bien que vers 1920, par manque d’espace vital, les religieuses doivent installer leur réfectoire dans un corridor. Il faut, de toute nécessité, construire une école élémentaire pour les filles.

À l’issue de la grand’messe, le dimanche 6 janvier 1924, grand branle-bas à l’église paroissiale de l’avenue Lorne. Il s’agit de choisir un terrain où bâtir une école de filles. On opte pour un lot situé rue Logan que son propriétaire, le notaire Edmond Desaulniers, offre à 41 cents le pied carré. Le dimanche suivant, autre assemblée en vue d’étudier les plans de la nouvelle école dessinés, eux aussi, par les architectes Viau et Venne. Ces architectes jouissaient d’une excellente réputation. Ils avaient tracé les plans de plusieurs maisons de Saint-Lambert et contribué aux plans de l’oratoire Saint-Joseph.

Pour faire face aux dépenses, la commission scolaire emprunte 85 000 $ pour 30 ans à 5½%. L’entrepreneur retenu est Albini Lacroix dont la soumission s’élève à 78 934 $. Le 21 octobre 1924, on enfouit dans la pierre angulaire un document et des pièces de 1, 5, 25 et 50 cents.

Le 21 juin 1925, les paroissiens partent en procession de leur église de l’avenue Lorne et se rendent rue Logan où Sa Grandeur Mgr Gauthier, de Montréal, procède à la bénédiction de la nouvelle école.

La première inscription a lieu le 1er septembre 1925. On compte 86 filles. Le chanoine Albert Lessard, curé de la paroisse, accompagné de J.H. Cantin, président de la commission scolaire et des syndics, préside à l’ouverture officielle. Étienne Leroyer, substitut du président de la commission scolaire, propose que le nom Académie des Saints-Anges soit donné à la nouvelle école. Le département de l’instruction publique accepte cette suggestion.

Le rapport de l’inspecteur Hébert, après le premier trimestre, est excellent. En janvier1926, on décharge de sa classe la supérieure soeur Marie-de-l’Espérance, une autre religieuse enseignera aux élèves de 5e, 6e, 7e années. En mai, la commission scolaire décide d’ajouter une 8e année, l’année suivante. À la fin de chaque année scolaire, la commission scolaire récompense les élèves méritants en octroyant 135 $ en prix à Saint-Michel et 100 $ aux Saints-Anges.

Depuis sa fondation, l’Académie des Saints-Anges avait une section anglaise allant jusqu’à la 7e année. En septembre 1927, on inaugure une 8e avec soeur Florienne. D’après le rapport de l’inspecteur Hébert, la municipalité de Saint-Lambert se classe deuxième sur 43 municipalités. Un visiteur de marque, le révérend père Gaspard Dumas, provincial des Clercs de Saint-Viateur, rend visite aux écoliers.

La croyance populaire veut que «les garçons naissent en plus grand nombre à la veille des guerres». En septembre 1930, l’Académie Saint-Michel déborde. Les religieuses des Saints-Anges acceptent les plus petits garçons dans leurs murs.

Les décades se suivent, certains évènements se ressemblent. En 1984, on a vu des travailleurs consentir à des baisses de salaire en raison du ralentissement économique. Cette conjoncture a des précédents. En septembre 1932, la commission scolaire propose aux enseignants de réduire leur salaire; ils acceptent. On remercie le frère Van Der Merschen, qui enseignait le solfège, et on décide de n’engager qu’un seul des deux concierges, Émilien Sainte-Marie de Saint-Michel ou M. Riendeau des Saints-Anges. Il est vrai que le concierge est mieux payé que l’enseignant; il gagne 75 $ par mois l’été et 85 $ l’hiver. Une institutrice, elle reçoit 200 $ par année. On paie 350 $ pour deux religieuses vu qu’elles sont logées, chauffées et qu’elles n’ont pas à payer de taxes.

Le 13 août 1931, on engage un instituteur laïque, C. Mahoney, à Saint-Michel qui compte 10 Clercs de Saint-Viateur dont le frère Piché qui a remplacé le frère Edmond Arsenault, décédé.

À l’Académie des Saints-Anges, les filles reçoivent des cours d’art culinaire, et à Saint-Michel, les garçons ont des leçons de formation industrielles.

Depuis longtemps, les soeurs souhaitaient une 8e et une 9e anglaises aux Saints-Anges. Leur voeu se réalisera en 1956-1957.

En 1945, l’Académie des Saints-Anges compte 137 filles et 35 garçons.

Gertrude Dumas de la Société d’histoire Mouillepied
 

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